
Dans un contexte où la course au gratte-ciel se démocratise, une réflexion alternative se dégage. BNKR Arquitectura, agence mexicaine composée de Esteban Suárez (fondateur associé), de Sebastián Suárez ainsi que du chef de projet Arief Budiman, propose cette hypothèse qui consiste à aller chercher de l’espace, non pas dans la hauteur, mais dans la profondeur. Le projet baptisé « The Earthscraper », que l’on peut traduire par gratte-terre, propose ainsi de creuser dans le but de trouver de l’espace à architecturer.
L’agence souhaite proposer une solution aux problèmes liés à la conservation architecturale comme, c’est le cas pour la place de Mexico city. La démarche de cette agence d’architecture et d’urbanisme questionne l’impact de la conservation du
patrimoine architectural sur l’architecture elle-même, en plus de la place allouée à l’intervention architecturale contemporaine face à la conservation historique, dans une des villes les plus peuplées au monde. L’évolution architecturale de cette place est figée car tous ses abords classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Son nom est le Zocalo, elle est entouré du Palais national, de l’hôtel de ville et d’une Cathédral et elle est grande de 240m x 240m pour un total de 57.600m². En son centre est érigé un grand drapeau mexicain hissé quotidiennement.
Le processus proposé par l’agence se réfère à la façon dont les aztèques ont répondu à leurs besoins d’évolution en ayant construit une plus grande pyramide par-dessus la première le jour où celle-ci ne leur correspondait plus. Ils ont donc tout simplement reconstruit par-dessus l’ancienne. Cette référence est prise pour mettre en avant la façon dont l’Histoire s’écrit, en se recouvrant elle-même, tel des strates de sédimentations en géologie.
La forme reprise dans ce projet est celle d’une pyramide inversée et doit générer environ 775000m². Cette forme offre une arrivée de lumière en puits. Ce vide sera recouvert d’une dalle de verre permettant ainsi de préserver l’activité qu’une telle place offre aux citoyens lors des rassemblements. On peut bien évidemment questionner le dispositif technique nécessaire à une telle entreprise. Cependant ce processus de recherches serait le même que celui déployé afin d’ériger les gratte-ciels. Ce projet de « Earthscraper » offre ainsi, à la seconde plus grande place du monde après la place rouge, l’opportunité de continuer à bâtir son cœur de ville.
Cette solution semble novatrice car, non seulement elle offre une alternative aux gratte-ciels fantasmés depuis Babel générant un maximum de surface avec un minimum d’implantation au sol, mais également par la réflexion qu’elle amène sur la place de l’architecture contemporaine par rapport à la place consacrée à l’architecture «histoire ». La place consacrée à l’histoire de l’architecture peut empêcher le développement de certaines villes. C’est ainsi que ce projet impressionnant se fait remarquer en sondant les
abysses du Zocalo et (ré) ouvre les questions de la place de l’architecture au sein d’une société.






























