Interview Saycet

saycet

SayCet est un de ces groupes qui vous transportent par la finesse de leur musique. Tandis que la délicatesse de l’ambiance atmosphérique composée par Pierre et Phoene vient vous envelopper les oreilles d’un épais coton dans lequel vous vous laissez volontier glisser, les images oniriques de Zita viennent caresser vos iris et mettent vos sens en ébullition. Un groupe à voir en live absolument tellement le coté visuel représente un pan entier de l’identité du groupe. Et ça tombe bien puisqu’ils seront à la Maroquinerie le 4 Avril prochain et le 7 Juillet à Moscou.
Et pour ceux qui ne pourraient pas se déplacer, sayCet a de nombreux projets à portée d’oreille, vous pouvez attendre tranquillement leur 3° album qui est actuellement en préparation et devrait voir le jour courant 2012 ou vous délecter tout de suite de la dernière création en date de Pierre qui a composé la bande sonore d’une micro fiction radiophonique pour France Culture à partir d’une réalisation d’Alexandre Plank sur le texte Shadow Houses de Mathieu Bertholet. A écouter en Podcast Ici

On est allé à leur rencontre pour en savoir un peu plus sur ce groupe « boudé » par les labels français qui a su tirer son épingle du jeu à l’étranger.

DL6AM : Comment vous êtes vous rencontré?

Pierre: Zita et moi nous sommes rencontrés fin 2004 a une fête chez un ami commun. On a vite accroché et notre collaboration a débuté 4 mois plus tard pour une résidence ou nous voulions poser les bases d’un live mêlant musique et vidéo. A l’époque il y avait aussi 2 autres vidéastes dans cette aventure, Amael Réchin Lê Ky Huong et Nolwenn Daniel

Phoene et moi nous nous sommes rencontré sur myspace, j’ai aimé son travail, elle a aimé le mien, la connexion s’est faite naturellement.On a décidé de se voir pour faire de la musique dans un but ludique puis un jour j’avais un besoin d’une aide pour les concerts, je lui ai demandé, elle a accepté puis de fil en aiguille on a fait de la musique ensemble dans sayCet

sayCet – Easy from sayCet on Vimeo.

DL6AM : La vidéo joue un rôle important dans les travaux de sayCet. Pourriez imaginer l’un sans l’autre? (Une tournée sans vidéo ou au contraire se lancer dans des productions uniquement audiovisuelles, courts métrages, long métrages… ou même réaliser la BO d’un film)

Pierre: sayCet est un projet audiovisuel, je ne l’imagine sans vidéo. Au delà de l’aspect physique de la chose c’est aussi humain.
Zita, Phoene et moi faisons partie d’un tout, la vidéo et la musique s’y complètent.

Zita : Pour ma part je n’oublie pas que sayCet existe toutefois premièrement en tant que musique pure touchant de nombreuses personnalités différentes. De plus c’est une musique générant presque automatiquement des images dans la tête des auditeurs. D’ailleurs il y a beaucoup de fans qui mettent des images ou font des clips vidéo sur la musique de sayCet par leur propre initiative. Bon, c’est une pratique courante aujourd’hui mais j’ai l’impression que cette musique est particulièrement inspirante pour la création d’images.
Le fait que sayCet soit devenu un projet purement audio-visuel en live est issu de notre histoire à tous les trois, c’est quelque chose de l’ordre de la vie. Il y a eu un arbre qui s’est généré naturellement avec une volonté émotionnelle de préciser l’endroit où nous nous retrouvions, c’est à dire le lieu de la musique et de l’image. Houalalala. Ainsi tout fonctionne de manière très sensitive. On fait en sorte qu’il se passe quelque chose lors des concerts, qu’il y ait une symbiose de nous trois. Et la vidéo n’est plus un élément étranger mais un instrument faisant partie de l’ensemble. De plus ce n’est pas anodin si je me trouve sur scène avec Phoene et Pierre. On a toujours tendance à placer le VJ en régie, mais on ne se rend pas compte comme cela change tout de ressentir les sensations de la scène dans un mix visuel. Et il me semble que cela favorise plus encore la réception sensible des spectateurs. »

DL6AM : J’ai vu que vous marchiez avec 2 labels, Electron’Y'PoP en France qui s’est créé pour accueillir les projets de sayCet et un label asiatique ULOUD Music. Vous pouvez nous éclairer sur Electron’Y'PoP, les ambitions du label et sur le choix d’un label Asiatique?

Pierre: Alors petite précision nous sommes sur electron’y'pop en France, sur ULOUD Music à Taiwan, sur Inpartmaint au Japon, et sur Sky Music en Corée du sud.

Electron’y'Pop est la structure de notre ancien manager avec qui nous sommes toujours en très bon terme. Nous avons sorti nos deux albums dessus suite à la frilosité rencontrée dans le milieu de la musique vis à vis de sayCet en France. Au bout d’un moment si on voulait que ça sorte il fallait le faire par nous même…Par la suite nous avons trouvé des « vrais » labels (dans le sens des structures étrangères à sayCet qui ont cru en notre projet et je leur en remercie)

Pour les ambitions d’electron’y'pop je pense que c’est plus derrière nous que devant…Historiquement nous sommes très liés mais pour le futur je pense qu’on sera sur d’autres structures

DL6AM : Comment définiriez-vous l’univers de sayCet qui au delà du procédé électronique se veut assez organique et comporte une forte dimension émotionnelle?

P: Tu as tout dit (rires)
C’est une musique qui se veut avant tout atmosphérique peu importe le procédé et les sonorités, le but est de rentrer vraiment dans un univers particulier et d’y emmener l’auditeur (ou le spectateur)

Z: OUI organique! Fabriquer de l’analogique avec du numérique par moults potions magiques informatiques!

DL6AM : Vous (Pierre en l’occurrence) donnez comme référence musicale Cliff Martinez, alors? Vous avez pensé quoi de la BO de Drive?

Pierre: Oui j’aime bop le travail de Cliff Martinez. Je trouve qu’il revolutionne un peu la musique de film « hollywoodienne » qui est très sclérosée. je me suis pris une énorme claque lorsque j’ai entendu pour la première fois la B.O du remake de Solaris (Soderberg). Je me suis bop intéressé a son travail suite a cette découverte.
Je n’ai pas encore vu Drive, oui honte à moi! (rires)

Z: Pour ma part je trouve que le ‘score’ musical de Drive est vraiment bien mis en valeur par ce qu’offre ce film en tant qu’écrin. Ces chansons agissent de manière bien plus puissante dans le film que lorsqu’elles sont toutes seules. Et j’ai l’impression que Drive donne un sens plus dense à toute cette vague années 80 remembrance et tout le kitsch qui l’accompagne sans moquerie ni snobisme mais avec la bonne distance entre l’adoration et le clin d’oeil. Et Cliff Martinez a bien fait son travail de compositeur cinématographique pour relier le tout et installer une ambiance nécessaire par en dessous bien moins visible que les chansons mais tout autant structurante et importante.

DL6AM : Si vous deviez faire la BO d’un film vous aimeriez travailler avec quel réalisateur?
P: A.G Inarritu, Wong Kar Wai, J.Audiard… on est d’accord que c’est dans le domaine de l’utopie donc on peut encore plus pousser vers A.Tarkovski ou J.Epstein
en tous cas ces réalisateurs m’ont énormément inspiré.

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Tzameti

À propos de Tzameti

Alias jeune premier car le plus jeune des 4 cofondateurs, appuyer lui sur le nez il en sort encore du lait. On le paie en épisodes de Bob l'éponge et en paquets de skittles.

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